Hépatome I Stéatose 4

Publié: juillet 30, 2011 par lesionsdangereuses dans saison 1

Stuprenante Kontess,

Pardonnez que je réponde de guingois à votre missive trempée de votre omnipotente soif, mais il me faut vous faire part d’une fâcheuse nouvelle. Je viens de recevoir un billet de la part de votre ami israélite dont vous me causiez hier, Jean-Samuel Jankulowski, et qui semble, selon vos dires, être mien également, dans lequel il m’informe de son désir de séjourner quelques jours dans mon château girondin. Visiblement sa réunion familiale a tourné court, certainement un héritage avorté. J’ai toujours pensé que son humilité cachait une ambition inavouée et suspecte, et un penchant à la pingrerie né d’une oisiveté malsaine. Cela dit je ne puis présumer de mon instinct malgré une profonde osmose avec la gent féminine qui intérieurement m’érode. J’ai d’ailleurs rêvé de vous en pensant à lui, caressant les crevasses de votre dos que votre pelage auburn creusait davantage encore, me pâmant dans les replats de vos replis, déchirant les cicatrices de votre chair rance tout en galopant sur les rhizomes de vos ictéreuses collines pour enfin ensemencer votre personne exaltée de mon exil prodigue dans une brûlure digne de mes plus belles blénos. Mais non, vous vous refusiez à moi pourtant durci comme le bois traité, vigoureux comme un sans-culotte le 14 juillet. Quelle horreur de me voir ainsi mis au ban par un cisaillé du prépuce ! Et vous, souillonne baignée de son poison pélagique, transpercée de son emphacélique courgevire, sans cesse sphynctant sous vos interminables et dysharmonieux déhanchements. Mais voilà que je m’égare, le souffle courbe, dans le souvenir de pariades oubliées buvant la tasse du matinal alcool afin de tirer le rideau sur une nuit entâchée de vos moeursures dériveuses. Ce n’était qu’un cauchemar, il n’y a pas lieu de vous en tenir rigueur.

Revenons à notre baron déchu afin que vous sachiez enfin de quoi il retourne, même si je devine déjà que vos origines kosovardes vont se repaître de ses vilénies. Issu d’une famille de banquier polonaise installée en Francie après avoir été chassée de sa contrée tiers-mondiste par de vaillants prussiens, il est recueilli par les Ursulines à la suite du décès de ses parents dans l’incendie crapuleux de leur demeure. Sans capacité intellectuelle notable il interrompt assez tôt ses études ; s’ensuit son renvoi du couvent motivé par le violent et tardif dépucelage d’une paroissienne nouvellement ordonnée. Emprisonné quelque temps sur l’île de Vérins il est précocement libéré après avoir fait étalage de son toucher rectopucien, quittant ainsi l’établissement pestilancier avec quelques viols collectifs à son actif. Assagi il épouse une roturière limougeaude importatrice de fourrures. S’enchaînent alors deux enfants perdus, l’un égaré au bord de la route dont on retrouva le cadavre émietté quelques kilomètres plus loin après avoir été traîné sur plusieurs centaines de mètres par la charrette d’un paysan picard ; l’autre, la cervelle, ou ce qui lui en tenait lieu, malencontreusement broyée sur la pierre du pont neuf et sous le poids de son géniteur aviné ce dernier ayant trébuché sur le pékinois, mort également, d’un asiatique égaré. Suicide de sa femme et faillite personnelle succédèrent à ce coup du sort et voilà notre cher baron errant à la recherche d’une famille d’accueil qu’il trouva en ma compagnie profitant de mes largesses et de mes muscles affaissiés. Six mois plus tard et la croupe ensanglantée le voilà à nouveau apatride, chassé pour son incompétence à produire le plaisir attendu, non sans avoir touché sa prime de licenciement. Nous le retrouvons ensuite sur le sol mouvant de ses origines afin de se lamenter sur l’impasse de ses pseudo-racines décolorées à la recherche surtout d’un anonymat bienvenu. Dès lors il devint fabricant de lubrifiant qu’il commercialisa sous le nom de Fiacramp, en hommage à son fils aîné disparu par erreur, dans les pays voisins et hostiles, mais enclin tout autant que lui au coït à la mode dans la patrie de Loth. Son dégoût des pauvres le poussa, malgré sa fortune nouvelle à laquelle ces derniers avaient passablement contribué, à fuir la fange que dessinait son altérité pour revenir sur notre saint territoire brandissant l’étendard de son huile 3 en 1.

Comprenez donc mon inquiétude à vous lire à la lumière de ces quelques éléments fournis tant par mon expérience du bougre que par mes relations avisées. Je ne sais pourquoi il me servit un jour d’amant, mais ma mémoire revient peu à peu ; bientôt ce va-nu-pieds sans naissance que je ne connaissais point ne sera plus un secret pour quiconque me possédant. Ma grandeur d’âme parfois m’égare, surtout lorsqu’elle est arrosée d’un breuvage écossais. Un seul mot, chère Kontess, prenez garde ! Cet homme a des moeurs singulières, tâtonnant les teutonnes notamment sur les cîmes dodues des Vosges. Ainsi je vous saurais gré, si vos occupations toulousaines le permettent évidemment, de m’apporter le soutien de votre présence pour la réception de cet insolite visiteur à qui je ne peux que céder. Je vous avoue craindre ma faiblesse quant à mon membre volage, ce tubercule germé que nulle autre que vous ne saurait si bien décrire ; et votre présence ici afin de soulever votre vindicatif godet me gardera, me semble-t-il, du soulèvement de mes instincts les plus vils. Venez ma chère, et cessez donc de m’appeler à vous avec ce ton indigné digne des plus frigides courtisanes. Nous dirons nos litanies ensemble et tiendrons séance auprès du feu de cheminée afin de rendre graisse à qui de droigt. Je vous le répète, accourez jusqu’ici me fouetter de vos ronces enflammées, il y a bien trop longtemps que je n’ai point entendu vos vagissements d’ivrogne au bord du coma orgasmique. Je vous abandonne, sonnant la bonne afin qu’elle vienne faire les draps, catin sauvage de sibérie…

Priapiquement vôtre

Jean Raoul de Pauchoir, Marquis d’Estrella

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