Hépatome I Stéatose 8

Publié: août 2, 2011 par lesionsdangereuses dans saison 1

Ma noble amie,

Votre rudesse n’a d’égale que votre mauvaise foi. Que venez-vous me causer de corruptions, persécutions et autre lypomanie. Vous n’avez de cesse de quémander ma venue pour mieux déserter chez les gueux albigeois, sous prétexte que la faiblesse de ma prostate induit nécessairement, de ma part, une pléthore de fulgurances. Le vin est-il meilleur là-bas qu’ici pour que votre esprit soit si claudiquant ? Cessez donc le blasphème ainsi que la fréquentation des curetons et bigots de toutes sortes. Non que je condamne vos périnégrations en compagnie de doctes écclésiastiques psalmodiant au rythme de vos génuflexions, mais enfin, ma chère, votre carafon ne supporte-t-il plus la capillarité de vos reflux gatro-oesophalliens ! Fichtre, vous confondez décharge et incontinence ! Reprenez-vous et surveillez vos orifices.

Précision faite, je ne puis, malgré tout, que me réjouir de votre lettre. Il semble que mes relents dipsomanes vous aient enfin éveillée, ô walkyrie libidineuse. Maintenant que les vapeurs de vos chevauchées se sont dispersées, le baron se révèle à vous tel qu’il est, bourrin, taiseux, l’oeil vif et la croupe emmaçonnée ; et si je ne puis encore juger de sa rectitude, perdue dans les limbes de ma mémoire défaillante, son silence l’écorne. Je ne distingue en lui que chaude-trappes et massages interlopes. Veillez désormais, ma nymphale paroissienne, vous dont le vieux bénitier n’a jamais connu que le sérieux de ses fidèles, chassant l’aridité de la solitude par de cérémonieux attouchements, à ce qu’il ne vous reprenne dans ses rets.

Consentez maintenant à ce que je vous rafraîchisse la mémoire. Peut-être avez-vous peur d’être dévoilée, bien que la dépravation de votre âme ne me permette de le concevoir sans difficulté, mais vous n’avez pas toujours craché sur la viande froide. Notamment lorsque vous visitiez les malades, dans le haut limousin, les seins naissants et la cramouille duvetante, en compagnie de cet amant quadragénaire qui se dessine sous les traits de votre obstétricien godemichant qui à l’époque officiait dans le diaconat creusois. Vous égréniez les mourants sur le chapelet de vos turpitudes afin de leur soutirer leur extrême onction, ces pauvres hères conjuguant leur dernier souffle à vos râles rageux, la verge au bout des lèvres ; votre assiduité sacramentelle a dépeuplé les hospices de leurs lépreux, innocentes victimes de votre fougue, vidées une à une de leur séminale substance, traites comme des vaches dans une laiterie industrielle de Bethléem ; certes, vous aviez un faible pour les blénnoragiques et autres syphilliques. Mais quand même, vous ne lésiniez pas à la tâche. Cessez donc vos sermons de pasteur sur l’origine du monde et regardez les choses en fesses.

Pour ma part, je suis bien remis de mes ablutions spiritueuses. Le vicomte Richard Duflot-Dupontin et son épouse Eléonore m’ont hier visité afin que nous nous délassions ensemble. La nuit fut des plus délicieuses, la vicomtesse en pleine bourre, suite à de crapuleuses ripailles ; voilà l’élégante repue qui soudain suggère que nous la ligotions accroupie sur une chaise, ma bouche béate sous sa céleste meurtrière, pris en croupe par la roideur de l’époux. Les pontifiants coups de reins de cet énergique empaleur titillèrent si bien ma prostate que j’oins une première fois le visage boutonneux de son Eléonore, qui sur le champ entonna son sanctus clitoridien rendant grâce de son plus bel étron. Dans une osmose parfaite le vicomte se déchargea à l’orée de mes viscères.  Cadfaël en eu sa première virilité. Quel imbécile celui-là ! Cet ignare esclave a pris sa semence pour du pus ! Vous me direz, la confusion plut tellement au perché vicomte, que nous l’initiâmes illico à nos jeux les plus scabreux. La peu farouche Eléonore, transubstanciée d’un membre caoutchouteux, prit le vierge esclave, tandis que je benissais sa féodale intimité sous le regard ébahi de son velu mari occupé à baillonner la bouche immaculée de l’ingénu de son sacerdotal gourdin. Ce dernier, douloureusement introduit par la noble chimère gueulait comme un pourceau qu’on égorge. Le vicomte dut se retirer un instant afin que nous puissions l’étourdir de vinasse bouchonnée. Après quelques haut-le-coeur il finit par se réjouir des deux. Richard se déchargea, faisant tinter la glotte du jeune qui le lui rendit bien, signant son exploit d’un renvoi odorant ; je me retirai de la vicomtesse à mon tour, non sans lui avoir donné la communion. Cette dernière brandit alors victorieusement le pal ensanglanté, tandis que Cadfaël se vidait de son sang. Nous comprîmes rapidement que nous ne pourrions rien pour lui et nous le laissâmes ainsi, par pudeur, s’éteindre paisiblement, non sans avoir ordonné à mon ukrainienne de le guetter dans ses derniers instants.

J’arrête ici de vous conter mes salaces délices retrouvés de peur que vous m’en teniez rigueur. Il me faut prendre la route vers le midi. Les chevaux sont attelés et les domestiques à l’ouvrage. Je vous transmets mes meilleurs bacilles. D’ici là, inaltérable ivrogne, je reste vénériennement vôtre.

Marquis Jean Raoul de Pauchoir

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