stéatose n°1

Publié: novembre 6, 2011 par lesionsdangereuses dans saison 2

Bravo ! Faire le coup de la censure à notre lectorat, bonjour le coït interruptus !

Censure, crime de lèse-âme !

Oh mon ami, que je suis affamée, j’évolue, sans dictame pour apaiser ma souffrance, affligée de cette brûlure de vice inassouvi qui me consume !

La sécheresse me guette, les muqueuses de mon pharynx en sont déjà victimes, se desquamant au contact de cette eau qu’on essaye de me faire ingurgiter. Non ! Je serre les dents ! Je n’accepterai comme remède à cette bouche altérée qu’une barrique de fine, et de première bourre !!

Par mon foie, qu’endure-je ! Quel cauchemar ! Arrgh !

Oui, Jean Raoul, mes heures sont comptées.

Notre éditeur, cet enfant de salaud, m’a fait proscrire de la totalité des lieux de perdition de Toulouse. Voilà des semaines que je me vois refuser l’entrée des gargotes les plus malfamées. Je suis partie au Ribouldingue l’autre soir, bien décidée à m’envoyer quelques godets de Forton, aussi je tentais de soudoyer quelque étudiant déshérité ; rien n’y fit. Tout le monde est de mèche. Notre tyran, l’infâme, prétend qu’il en va de mon intérêt : c’est sans oublier la faillite qui menace désormais plus de la moitié des commerces de la ville. Je suis rendue aux affres de l’angoisse, moi, pauvre terre en jachère, vendant mon corps aux plus offrants – et je peux vous dire que les vils ne font pas toujours preuve de largesse.

Je ne survie que par la bonté de mon ami le boulanger de St Preux (qui m’a pris et pétri avec fermeté de part le passé) et ses livraisons quotidiennes de chiboust, que je suçote du matin au soir, par petites tranches, pour en extraire le nectar poiré.

Le désespoir me guette, et je songe souvent, bien trop, à la fin de mes aventures, moi, reine privée de ses sujets, monarque sans emprise, polype assoiffée, rendue paria, bélître, belle Hydre de son litron dépossédée, cloîtrée dans ce palais limbique qui m’éloigne de l’alambic, moi Lampégie, m’abaissant à battre le pavé en psalmodiant mes supplications, graissant la patte corrompue des taverniers, avec le succès d’un exhibitionniste errant un 15 août dans les rues de Limoges.

Qu’ai-je fait ? Quels crimes avons-nous commis ? Fallait-il passer sous silence ces quelques orgies familiales en Languedoc Roussillon, impliquant parfois la participation de votre progéniture – mais vos enfants sont tellement mâtures, et à la fois si espiègles, comment leur refuser quelques jeux le temps des vacances ? – et la joie éprouvée au contact des autochtones ? Fallait-il nier le charme de Collioure, la fougue des pêcheurs catalans, dans les filets desquels je me débattais des heures durant ?

Je ne connais votre situation en Gironde, et je tremble rien que d’y penser.

Luttons mon cher ! Ne cédons pas sur nos désirs ! On nous blâme pour nos hépatomes ? Qu’importe, publions des stéatoses !

Lampégie d’Orval

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