Hépatome I Stéatose 8

Publié: août 2, 2011 par lesionsdangereuses dans saison 1

Ma noble amie,

Votre rudesse n’a d’égale que votre mauvaise foi. Que venez-vous me causer de corruptions, persécutions et autre lypomanie. Vous n’avez de cesse de quémander ma venue pour mieux déserter chez les gueux albigeois, sous prétexte que la faiblesse de ma prostate induit nécessairement, de ma part, une pléthore de fulgurances. Le vin est-il meilleur là-bas qu’ici pour que votre esprit soit si claudiquant ? Cessez donc le blasphème ainsi que la fréquentation des curetons et bigots de toutes sortes. Non que je condamne vos périnégrations en compagnie de doctes écclésiastiques psalmodiant au rythme de vos génuflexions, mais enfin, ma chère, votre carafon ne supporte-t-il plus la capillarité de vos reflux gatro-oesophalliens ! Fichtre, vous confondez décharge et incontinence ! Reprenez-vous et surveillez vos orifices.

Précision faite, je ne puis, malgré tout, que me réjouir de votre lettre. Il semble que mes relents dipsomanes vous aient enfin éveillée, ô walkyrie libidineuse. Maintenant que les vapeurs de vos chevauchées se sont dispersées, le baron se révèle à vous tel qu’il est, bourrin, taiseux, l’oeil vif et la croupe emmaçonnée ; et si je ne puis encore juger de sa rectitude, perdue dans les limbes de ma mémoire défaillante, son silence l’écorne. Je ne distingue en lui que chaude-trappes et massages interlopes. Veillez désormais, ma nymphale paroissienne, vous dont le vieux bénitier n’a jamais connu que le sérieux de ses fidèles, chassant l’aridité de la solitude par de cérémonieux attouchements, à ce qu’il ne vous reprenne dans ses rets.

Consentez maintenant à ce que je vous rafraîchisse la mémoire. Peut-être avez-vous peur d’être dévoilée, bien que la dépravation de votre âme ne me permette de le concevoir sans difficulté, mais vous n’avez pas toujours craché sur la viande froide. Notamment lorsque vous visitiez les malades, dans le haut limousin, les seins naissants et la cramouille duvetante, en compagnie de cet amant quadragénaire qui se dessine sous les traits de votre obstétricien godemichant qui à l’époque officiait dans le diaconat creusois. Vous égréniez les mourants sur le chapelet de vos turpitudes afin de leur soutirer leur extrême onction, ces pauvres hères conjuguant leur dernier souffle à vos râles rageux, la verge au bout des lèvres ; votre assiduité sacramentelle a dépeuplé les hospices de leurs lépreux, innocentes victimes de votre fougue, vidées une à une de leur séminale substance, traites comme des vaches dans une laiterie industrielle de Bethléem ; certes, vous aviez un faible pour les blénnoragiques et autres syphilliques. Mais quand même, vous ne lésiniez pas à la tâche. Cessez donc vos sermons de pasteur sur l’origine du monde et regardez les choses en fesses.

Pour ma part, je suis bien remis de mes ablutions spiritueuses. Le vicomte Richard Duflot-Dupontin et son épouse Eléonore m’ont hier visité afin que nous nous délassions ensemble. La nuit fut des plus délicieuses, la vicomtesse en pleine bourre, suite à de crapuleuses ripailles ; voilà l’élégante repue qui soudain suggère que nous la ligotions accroupie sur une chaise, ma bouche béate sous sa céleste meurtrière, pris en croupe par la roideur de l’époux. Les pontifiants coups de reins de cet énergique empaleur titillèrent si bien ma prostate que j’oins une première fois le visage boutonneux de son Eléonore, qui sur le champ entonna son sanctus clitoridien rendant grâce de son plus bel étron. Dans une osmose parfaite le vicomte se déchargea à l’orée de mes viscères.  Cadfaël en eu sa première virilité. Quel imbécile celui-là ! Cet ignare esclave a pris sa semence pour du pus ! Vous me direz, la confusion plut tellement au perché vicomte, que nous l’initiâmes illico à nos jeux les plus scabreux. La peu farouche Eléonore, transubstanciée d’un membre caoutchouteux, prit le vierge esclave, tandis que je benissais sa féodale intimité sous le regard ébahi de son velu mari occupé à baillonner la bouche immaculée de l’ingénu de son sacerdotal gourdin. Ce dernier, douloureusement introduit par la noble chimère gueulait comme un pourceau qu’on égorge. Le vicomte dut se retirer un instant afin que nous puissions l’étourdir de vinasse bouchonnée. Après quelques haut-le-coeur il finit par se réjouir des deux. Richard se déchargea, faisant tinter la glotte du jeune qui le lui rendit bien, signant son exploit d’un renvoi odorant ; je me retirai de la vicomtesse à mon tour, non sans lui avoir donné la communion. Cette dernière brandit alors victorieusement le pal ensanglanté, tandis que Cadfaël se vidait de son sang. Nous comprîmes rapidement que nous ne pourrions rien pour lui et nous le laissâmes ainsi, par pudeur, s’éteindre paisiblement, non sans avoir ordonné à mon ukrainienne de le guetter dans ses derniers instants.

J’arrête ici de vous conter mes salaces délices retrouvés de peur que vous m’en teniez rigueur. Il me faut prendre la route vers le midi. Les chevaux sont attelés et les domestiques à l’ouvrage. Je vous transmets mes meilleurs bacilles. D’ici là, inaltérable ivrogne, je reste vénériennement vôtre.

Marquis Jean Raoul de Pauchoir

Hépatome I Stéatose 7

Publié: août 1, 2011 par lakontess dans saison 1

Ah, cher ami, cessez de vous corrompre dans ces niaiseries domestiques. Ne voyez-vous point à quoi vous êtes rendu ?

Vous me persécutez avec autant d’éclat que d’opiniâtreté, et n’avez de cesse de débiter cette viande froide des souvenirs.

Vous me flattez la croupe ; encore faudrait-il joindre le geste à la parole, et vos promesses ont le goût avarié des voeux de l’éjaculateur précoce à son amante non avertie. Vous partez trop vite, mon puceron ; il vous faut trouver la rédemption via la rétention. Agité par des bouffées tachysystoliques, votre patois se pare d’idiotismes. Enfin…

D’aucuns vous diront le contraire, mais je n’ai guère de nouvelle de notre ami, pas plus de sa rectitude. De fait, s’agit-il bien du même individu ? Je m’étonne de son titre, car il me paraît plus bourrin que baron. Mais qu’importe.

Ces deniers jours ont été pour moi source de tourment – ma vie est un foutoir, j’ai besoin de temps pour me réonaniser un peu – aussi vais-je me retirer à la campagne chez mon amie la Markiz de Babeau Bouldoux. Mon ancienne compagne de couvent, téméraire voyageuse, revient en effet des Indes avec dans ses malles, je l’espère, quelque bayadère distrayante, dont je conçois déjà de faire tinter le grelot.

Je me sens lasse. Possiblement la rançon de ce vin vigoureux dont je n’ai eu de cesse de m’abreuver. Ou le contre-coup d’une récente orgie, débutée à l’occasion de la réunion d’un cénacle tenant séance chez Le Comte de Valence-d’Agen, où je me fis posséder avec jubilation. La bacchanale s’acheva rue de l’Orient, où je visitais nombre loges, et dessous de tablier, entreprises qui me mirent d’équerre. Mon entendement était consumé par la flamme écumeuse de ma matrice, criant famine devant la double promesse d’un profond labour et d’un ensemencement maçonnique. Ma vue troublée changeait Vulcain en Adonis, aussi je fis un détour par la cambuse pour me taper le cocher, la bonne, et un ecclésiaste venu se repaître des reliefs de l’orgie de la veille, que j’aidais d’ailleurs à réciter son office. Rien ne semblait pouvoir interrompre ma fureur utérine, rien, pas même le jeune écuyer que je débauchais dans une chevauchée qui fit passer à l’étalon son dada pour les bêtes de sommes. Ainsi remise en selle, encore étourdie par ce manège, mais assoiffée par l’activité hippique, je me mettais en quête d’une cuverie convenable.

Le temps passa. Assouvie, j’entendis qu’on sonnait les vêpres, aussi je rejoignais la Dalbade afin de m’enquérir de l’état du cureton, mon frère incestueux. Tout absorbé par ses liturgies, mon curaillon ne daigna répondre à mes oeillades provocantes. Je malaxais nerveusement mes appâts ; rien n’y fit. Stupeur. Affligée, je ne pouvais pourtant lever l’étendard de ma révolte. Moi, Lampégie d’Orval, ignorée de la sorte ! J’errais entre les bancs, la tête basse, une main portée à mon front, ouvertement déshonoré, l’autre sous les jupons, honorant des recoins abscons. Me laissant porter par la mélancolie, je dérivais jusqu’à un prie dieu disposé à l’écart de la nef, proclamais ma pénitence et, prostrée, m’adonnais à la dépravation. C’est dans cette position que me trouvait un galant échaudé par l’oraison. Pris d’un vif élan, il psalmodia ses prières jaculatoires et trouva raison en mon fondement.

J’étais saisie.

Il me prit à nouveau de profundis, avec entrain, à grands coups d’encensoirs, et dans une ferveur quasi religieuse. Le servant de messe nous observait avec bienveillance ; il s’avança vers nous, son panier à la main, reluquant le mien. D’un geste, il nous fit signe de quitter notre sanctuaire, et de l’autre, bénit son pouce à la source de mon bénitier. Nous nous retirâmes, encore, non sans avoir récité un Anus Déi sur le parvis du lieu, désormais sain. Main dans la main, copinant con contre pine, nous vagabondions au coeur de la ville rose. Mon amant, homme de science, tient un cabinet d’obstétrique du côté de la Pargaminière, local qu’il a agencé avec goût : entraves, godemichés, colliers de louvetiers et fouets se juxtaposent dans un ordre qui charme l’oeil. Il m’entraîna donc dans sa garçonnière et me soumit à un examen des muliebra, sans procédure de compromis. Depuis je poursuis mon maïeuticien à franc étrier. Il a tant à m’instruire ! Je ne saurais satisfaire mon appétence pour ces techniques nouvelles !

Malheureusement le sot est parti en Bourgogne rejoindre ses collègues de l’Académie et me refuse le voyage, craignant sûrement que j’élargisse mes compétences en m’offrant à la concurrence. À défaut de lui servir de sujet d’étude, je me fais donc fallope.

Je me dirige à l’instant vers le pays albigeois, entre la Rouergue et les montagnes de suif, me faire houiller la cramouille avec la férocité que vous me connaissez. Pituite, ma douce amie, ma servante fidèle et servile, m’y accompagne ; elle se chargera de me transmettre vos correspondances, si toutefois celles-ci ne soutiennent pas votre lypomanie, je l’espère, temporaire.

Ardemment mienne, pour l’heur

Lampégie d’Orval, kontess’ de Bourgueil

Hépatome I Stéatose 6

Publié: juillet 31, 2011 par lesionsdangereuses dans saison 1

Oh misericordieuse Kontess,

Je m’incline devant ce qui reste de votre jeunesse prématurément disparue afin d’implorer votre pardon pour cette brève nocturne que je vous ai hélas transmise. Je n’étais plus moi-même, pris par du mauvais houblon que m’avait rapporté cet empoté de Cadfaël, un de mes jeunes domestiques aux origines scandinaves. J’accepte à l’avance votre peine. Oui, châtiez-moi je vous prie, maintenant que mes esprits sont revenus. Bastonnez-moi comme au bon vieux temps, quand vous cogniez le steak pour le rendre plus tendre ! Infligez-moi les pires sévices, saignez-moi de vos turbulentes verges !
Sachez seulement que je ne suis point l’unique coupable. Non que je veuille ajouter à votre peine, mais parce ce que vous comprendrez mieux ainsi ma faiblesse passagère ; laissez-moi donc vous conter.

Hier soir, aux alentours de 21h, voici que la bonne vient me trouver, m’annonçant l’arrivée d’un individu des plus étranges, supposément mandaté par un certain baron Jankulowski, et qu’il est fort urgent que je le reçoive malgré l’heure avancée. Ainsi me voilà contrarié dans mon pèlerinage éthylique, à l’instant même où je venais de déboucher mon second flacon d’Angélure. Je descends les escaliers de marbre prenant garde de ne point trébucher, torgnolant ma femme à mi-chemin après l’avoir prise violemment devant la bonne qui prestement se jeta sur mon empisard afin de laper les dernières gouttes de mon suc olympien, dont j’avais rempli ma conjointe auparavant, et qui s’écoulait encore après mon divorce anal. Je lui cassais deux-trois dents à la fin de son office (à la bonne, bien entendu) et je rejoignais l’étranger qui patientait dans le salon du rez-de-chaussée, dans lequel l’édentée l’avait introduit. Son air béat et sa tenue débraillée laissaient à penser qu’ils n’en étaient pas restés aux présentations mais cela ne me concernait guère, bien que pouvant expliquer l’annonce tardive de sa venue.
Il était plutôt bien fait, la carrure teutonne et le teint hâlé traduisant une vie au grand air. Sa paluche large et sa poigne ferme me donnaient déjà un regain de vigueur. Il pouvait s’estimer heureux que j’eus croisé ma femme entre-temps. Mais son port altier et les traits étonnamment raffinés de son visage n’oblitéraient pas l’identité de son mandant. Que venait-il m’annoncer ce héraut saxon ? Imaginez donc, à cette heure-ci, ma chère, le pire était à craindre, notamment l’arrivée du baron avec son harem de nubiles à déflorer. Que nenni ! Soulagement jouissif que ma servante au patronyme ukrainien dut promptement contenir évitant de la sorte un épanchement trop abondant. Jankulowski rentrait directement au bercail et ne pourrait m’honorer de sa présence. Comprenez donc qu’à l’écoute de cet émissaire apollinien, emporté par un élan de philanthropie, suite à mes soulagements successifs, je lui proposais de m’accompagner à l’étage terminer le flacon délicat qui se languissait de mes lèvres anfractueuses. Le bougre ne se fit pas prier ; en cela je sus que le baron l’avait possédé ; et nous étions dans mon salon privé deux secondes plus tard, mêlant vinasses et galochades, houblon frelaté et castagne, pour finir entre poire artisanale et emmanchage brutal. Le croirez-vous ? Lorsque je rouvris les yeux, femmes et enfants, ainsi que notre cher messager, étaient paisiblement étendus sur un lit de verre brisé, drapés de semences et purulences sanglantes. Quel bonheur, et quelle tristesse à la fois, de les voir ainsi cadavériquement épuisés, moi qui étais, une fois n’est pas coutume, foutrement nécessiteux.

Je décidais donc de descendre à la cave siffler les dernières bières et autres délictueux millésimes que mon esclave pré-pubère avait garnie, non sans avoir auparavant fait montre à mes partenaires ensommeillés de la vigoureuse attention que je leur portais. Le désir de refermer à jamais l’orgifice rectal de ma bonne me traversa l’esprit, mais ma vue vacillante ne me permettait guère d’utiliser fil et aiguille. Je remettais donc ça à plus tard. Le poignet endolori mais le corps plus léger je dégringolais les marches de pierre, et m’enfourraillais la mousse qui me rappelait à vous. A vous et votre baron polonais qui vous vampirise de ses vénales vomissures.  Pourquoi me conter le plaisir que vous y prenez ? Vous me torturez ! Comment voulez-vous que j’y tienne quand une famille, que dis-je, un royaume ne peut me contenter ! Alors que vous, dont la pantagruélique plaie n’a d’égale que votre inextinguible soif, êtes enfin comblée par le rabbin de vos dérélictions, parfumant désormais de l’encens de vos plaintes la synagogue du plaisir. Ah, ma chère, moment de faiblesse d’un noble marquis en plein retour d’âge ! Ne me jetez pas la pierre d’avoir songé à vous écrire mes sentiments au détour d’un verre d’eau vide et à la lumière du jour naissant, car comme dit le poète : Inde genus durum sumus, experiensque laborum, Et documenta damus quâ simus origine nati.
Oui, votre honneur est sauf et je dois être sévèrement battu. Ô venez vite me nourrir de supplices nouveaux issus de votre  imagination fertile. J’attends, ma chère Kontess, votre brutale absolution que vous saurez si généreusement m’offrir ; un refus de votre part serait pour moi crucifiction. Adieu !

Votre indigent et eructif

Jean Raoul de Pauchoir, Marquis d’Estrella

Hépatome I Stéatose 5

Publié: juillet 30, 2011 par lesionsdangereuses dans saison 1

Chère Kontess

Voilà que je vois d’un mauvais oeil cette histoire en bataille. Salve qui saute chanvre qui pousse, vous dis-je. La bonne mène au crime, et à l’escriture. Je vous ai prévenue de vos fréquentations baisecornues. Soyez plus prudente, et, de grâsse, ne prenez point vos pourlechouilles pour l’acmé de la biensaillance. Que croyez-vous que je fiste de mon côté : chiens galeux et chats errants ! et vous du haut de votre pal vermouillu vous osez me susnober à la plume débletterant sur l’erectation de votre amant au chibre viorulent comme s’il pouvait remonter le store de votre salon à coup de vomissures de koulak mal dégrossi. Non, non, non ma chère pas de ça entre nous. De cruche en bonne poire vous poussez le bouchon un peu loin ! Ressaisissez-vous vous-même et gardez donc vos flageolences doucereuses dans vos murges. Venez donc me voir et je retirerai les ornières de vertu que vous portez encore afin que vous puissiez voir le jouir.
Non ma chère, je n’ai point oublié les turvulences de nos nuits torves comme votre encouillage littéraire semble le suggérer dans votre dernière bifouille. Voulez-vous donc que je vous fasse goûluter à de véritables sévices, ceux que je vous infligerai sans gaine si vous manchissez les brouturages qu’un rapport de bonne couche exige. Et vous me parlez de vos caresses de fakir menstruelles avec ce con paré des fistules du temps, tout en me faisant languir de votre sirop déporté, neume hépatique dans une nuit de clitorage.
Un dernier mot, vous et votre langage de surface snurfant sur ma faiblesse locale lorsque j’émarge martinalement d’un bocal de polyphénol pur, dégustant mes mollusques girondins huître à huître à grand croupe de godemichon, blanchouillard ou giroufflant selon, n’est pas digne d’une correspondance flabulente. Le livreur de pizza vous guette à faire l’éloge des octopus prépoucés, le doigt bien gras et la fesse propre.
Cessez vos insultes littrées et revenez à un style adéquantique, pastishe de brouteille en bisture, je vous en conjurte rentrez dans la curve afin que le sens se révèle à vos lèvres vrilleuses.

Alcoliquement vôtre

JRDP, Marquis d’Estrella

Hépatome I Stéatose 4

Publié: juillet 30, 2011 par lesionsdangereuses dans saison 1

Stuprenante Kontess,

Pardonnez que je réponde de guingois à votre missive trempée de votre omnipotente soif, mais il me faut vous faire part d’une fâcheuse nouvelle. Je viens de recevoir un billet de la part de votre ami israélite dont vous me causiez hier, Jean-Samuel Jankulowski, et qui semble, selon vos dires, être mien également, dans lequel il m’informe de son désir de séjourner quelques jours dans mon château girondin. Visiblement sa réunion familiale a tourné court, certainement un héritage avorté. J’ai toujours pensé que son humilité cachait une ambition inavouée et suspecte, et un penchant à la pingrerie né d’une oisiveté malsaine. Cela dit je ne puis présumer de mon instinct malgré une profonde osmose avec la gent féminine qui intérieurement m’érode. J’ai d’ailleurs rêvé de vous en pensant à lui, caressant les crevasses de votre dos que votre pelage auburn creusait davantage encore, me pâmant dans les replats de vos replis, déchirant les cicatrices de votre chair rance tout en galopant sur les rhizomes de vos ictéreuses collines pour enfin ensemencer votre personne exaltée de mon exil prodigue dans une brûlure digne de mes plus belles blénos. Mais non, vous vous refusiez à moi pourtant durci comme le bois traité, vigoureux comme un sans-culotte le 14 juillet. Quelle horreur de me voir ainsi mis au ban par un cisaillé du prépuce ! Et vous, souillonne baignée de son poison pélagique, transpercée de son emphacélique courgevire, sans cesse sphynctant sous vos interminables et dysharmonieux déhanchements. Mais voilà que je m’égare, le souffle courbe, dans le souvenir de pariades oubliées buvant la tasse du matinal alcool afin de tirer le rideau sur une nuit entâchée de vos moeursures dériveuses. Ce n’était qu’un cauchemar, il n’y a pas lieu de vous en tenir rigueur.

Revenons à notre baron déchu afin que vous sachiez enfin de quoi il retourne, même si je devine déjà que vos origines kosovardes vont se repaître de ses vilénies. Issu d’une famille de banquier polonaise installée en Francie après avoir été chassée de sa contrée tiers-mondiste par de vaillants prussiens, il est recueilli par les Ursulines à la suite du décès de ses parents dans l’incendie crapuleux de leur demeure. Sans capacité intellectuelle notable il interrompt assez tôt ses études ; s’ensuit son renvoi du couvent motivé par le violent et tardif dépucelage d’une paroissienne nouvellement ordonnée. Emprisonné quelque temps sur l’île de Vérins il est précocement libéré après avoir fait étalage de son toucher rectopucien, quittant ainsi l’établissement pestilancier avec quelques viols collectifs à son actif. Assagi il épouse une roturière limougeaude importatrice de fourrures. S’enchaînent alors deux enfants perdus, l’un égaré au bord de la route dont on retrouva le cadavre émietté quelques kilomètres plus loin après avoir été traîné sur plusieurs centaines de mètres par la charrette d’un paysan picard ; l’autre, la cervelle, ou ce qui lui en tenait lieu, malencontreusement broyée sur la pierre du pont neuf et sous le poids de son géniteur aviné ce dernier ayant trébuché sur le pékinois, mort également, d’un asiatique égaré. Suicide de sa femme et faillite personnelle succédèrent à ce coup du sort et voilà notre cher baron errant à la recherche d’une famille d’accueil qu’il trouva en ma compagnie profitant de mes largesses et de mes muscles affaissiés. Six mois plus tard et la croupe ensanglantée le voilà à nouveau apatride, chassé pour son incompétence à produire le plaisir attendu, non sans avoir touché sa prime de licenciement. Nous le retrouvons ensuite sur le sol mouvant de ses origines afin de se lamenter sur l’impasse de ses pseudo-racines décolorées à la recherche surtout d’un anonymat bienvenu. Dès lors il devint fabricant de lubrifiant qu’il commercialisa sous le nom de Fiacramp, en hommage à son fils aîné disparu par erreur, dans les pays voisins et hostiles, mais enclin tout autant que lui au coït à la mode dans la patrie de Loth. Son dégoût des pauvres le poussa, malgré sa fortune nouvelle à laquelle ces derniers avaient passablement contribué, à fuir la fange que dessinait son altérité pour revenir sur notre saint territoire brandissant l’étendard de son huile 3 en 1.

Comprenez donc mon inquiétude à vous lire à la lumière de ces quelques éléments fournis tant par mon expérience du bougre que par mes relations avisées. Je ne sais pourquoi il me servit un jour d’amant, mais ma mémoire revient peu à peu ; bientôt ce va-nu-pieds sans naissance que je ne connaissais point ne sera plus un secret pour quiconque me possédant. Ma grandeur d’âme parfois m’égare, surtout lorsqu’elle est arrosée d’un breuvage écossais. Un seul mot, chère Kontess, prenez garde ! Cet homme a des moeurs singulières, tâtonnant les teutonnes notamment sur les cîmes dodues des Vosges. Ainsi je vous saurais gré, si vos occupations toulousaines le permettent évidemment, de m’apporter le soutien de votre présence pour la réception de cet insolite visiteur à qui je ne peux que céder. Je vous avoue craindre ma faiblesse quant à mon membre volage, ce tubercule germé que nulle autre que vous ne saurait si bien décrire ; et votre présence ici afin de soulever votre vindicatif godet me gardera, me semble-t-il, du soulèvement de mes instincts les plus vils. Venez ma chère, et cessez donc de m’appeler à vous avec ce ton indigné digne des plus frigides courtisanes. Nous dirons nos litanies ensemble et tiendrons séance auprès du feu de cheminée afin de rendre graisse à qui de droigt. Je vous le répète, accourez jusqu’ici me fouetter de vos ronces enflammées, il y a bien trop longtemps que je n’ai point entendu vos vagissements d’ivrogne au bord du coma orgasmique. Je vous abandonne, sonnant la bonne afin qu’elle vienne faire les draps, catin sauvage de sibérie…

Priapiquement vôtre

Jean Raoul de Pauchoir, Marquis d’Estrella

Hépatome I Stéatose 3

Publié: juillet 30, 2011 par lakontess dans saison 1

Vous vous taraudez l’encéphale, et visiblement votre jugement s’en trouve altéré. Vous, frusqué en uranien, vous abaisser de la sorte ! Vous invertir en explorant cet abysse inique, et de surcroît en compagnie d’un limonadier hellénique !

Seul votre absinthisme vous sauve de mon indignation.

Vous, mon alcoolyte, mon alter pernot, ma quenouille, mon ‘pataphtisique de l’apéro ! Que je me languis de votre rouelle – que dis-je – de votre gidouille ! Que ne donnerais-je pour une nuit sulfureuse, à écouter le doux chant de vos épisodes hémoptysiques, contre votre thorax poitrinaire et, pour mieux vous ébaudir, à prodiguer à votre tubercule quelques vigoureux attouchements ! Ah, cher ami, vous me tourmentez !

Allons, JR, rougissez vous-même, et revenez à vous !

Souvenez-vous de vos odyssées vénériennes ; elles ont certes pris la teinte spectrale des gloires passées mais – dois-je battre le rappel, avec quel panache vous les meniez !

Rejoignez-moi à l’instant, que nous mutualisions le céladon libidineux, cet amant dont je tairais le nom, non pas que je daigne vous aider à recouvrir la mémoire, non par pudeur, mais bien car il ne m’est jamais venu à l’esprit de m’enquérir de son substantif. Je ne connais que trop la détresse qui vous accable, cette inappétence du potomane errant dans les terres arides de la sobriété. Ah, par ma couronne comtale, que les abstèmes soient pendus la tête en bas !

Heureusement, j’ai mon judéen, mon commerçant, et la qualité de ses sévices. L’autre soir, nous tenions salon, avant de nous posséder en backroom. Nous devisions allègrement, entre deux vins, quand tout-à-coup, je le vis pâlir. Tout d’abord je ne pipais mot, profitant de son embarras pour laper son verre de Pétrus, puis tout le carafon. Enfin rafraîchie, et tout en me désaltérant d’une petite eau ardente ajoutée à sa note, je m’enquis de la raison de cette décoloration subite. L’élégant se trouvait gêné du fait que son reflux gastro oesophagien se fasse des plus sonores, et il est vrai que quelque organe produisait une sorte de chuintement accompagné d’un bruit de succion, caractéristiques de ceux émis par une poire à lavement.

N’est-ce pas adorable ?

Déjà bien attaquée, et d’une chaleur quasi andalouse, je le chevauchais en mode Merlot-panty et tentais d’arrondir les angles, d’appointir les courbes, bref, en amazone lui révélant mon bricorama, je suçotait son lobe en lui susurrant cette maxime : « tout organisme est une mélodie qui se chante elle-même »* ; sur ce mon hébraïque, le valeureux, le salvateur, cet anti-goy de bois, régurgita sur mes cuisses callipyges, m’amenant par là même à l’orgasme dans un étrange phénomène synesthésique. Quelle marrade !

Jean Raoul, je vous invite prestement à conjurer le sort qui entrave vos agissements pervers d’antant et vous retient en Guyenne, quand nous pourrions, de concert, forniquer avec ce païen, et nous soumettre à la vindicte des philistins ! Vous déclinez vers la flétrissure, mon brave.

Mojito ergo sum

Bien pelviennement

Votre attentionnée morue, kontess’ de Bourgueil

*in Humanisme et Erreur, Flallimard, ndlr

Hépatome I Stéatose 2

Publié: juillet 29, 2011 par lesionsdangereuses dans saison 1

Bien lointaine Kontess,

Que vos ordres sont charmeurs, autant que le rappel de vos courbes. Ah ! la merveilleuse conque de votre ventre aux vergetures érogènes, et dont les entrailles pures ne se sont jamais abaissées à donner vie dans de grandes eaux  (et la terrible débandade de la descente d’organe), mais restèrent fidèles au destin stérile de votre haute naissance. Sachez ô combien je comprends vos désordres haut-garonnais que je ne pourrais moi-même endurer qu’avec le courage aviné qui est le vôtre. Le soleil vous assèche et la solitude vous assoiffe, voilà la tragédie qui vous frappe dans cette ville couperosée imbibée de cette populace que vous affublez du nom de bobo. Je saisis votre mal. Hélas, si ça va mal chez vous apprenez donc que cela est pire chez moi. Vous me tenez propos au sujet des dents toulousaines. Certes elles sont cariées ! Mais, ma chère, quelle chance, elles peuvent encore mordre ! Il n’en va pas de même pour les girondines. Soumises à une hygiène despotique elles ont tout simplement disparu, ne laissant à la vue du quidam non avisé que le piètre spectacle d’un replis gras tenant lieu de lèvre inférieure venant s’avachir sur de vieilles gencives boursouflées qui n’ont jamais goûté au plaisir de la chair. Maudite mollesse des rentiers ruinés et ruineux qui peuplent cette ville, et qui naguère m’ont fallacieusement charmé par cela même qui aujourd’hui ne m’inspire plus que dégoût, moi qui pensait naïvement que cette faiblesse du maxillaire traduisait une tendance marquée au nomadisme d’abreuvoir alors qu’il n’était en fait que le masque de la vaine envie d’une abstinence honteuse. Imaginez le désarroi qui est le mien et que je dois traiter à grands coups de godet, me confessant trois fois par jour derrière le voile éthylique de mon caviste aux moeurs grecques ! De grâce n’enviez pas ma position, le coup est bien plus coûteux chez moi même si le breuvage rivalise. Ne me parlez donc plus de vos peripatépitiennes !

Non, je ne reviendrai pas, chère partenaire goulottante, même si l’esclavage de votre proximité possède une douceur hépatique sans égale et dont les effluves liquoreuses m’ont à jamais envoûté. Vous me répondrez certainement pourquoi demeurer ainsi dans ce pays où le boboïsme aigu que vous décrivez n’est jamais parvenu, incapable de s’immiscer dans le creux de ces vieilles pierres taillées qui dessinent les artères de cette ville croulant sous les obsessionnels éloges de vieilles biquettes du XVIIIeme égarées devant une vitrine Louis Vuitton, image d’un esprit sobre et rigide, alors qu’il serait plus simple de faire fronton ensemble. Tout simplement parce que j’ai succombé à un autre esclavage que le vôtre et qui se nomme le Bergerac affiné. Non ce n’est pas un alcool mais un tabac brun avec lequel j’accompagne toutes sortes de substances herbacées, mais certainement pas celles que tous imaginent et que je laisse volontiers à ces derniers afin qu’ils en embrument leurs synapses inusitées, héritage d’une naissance inconvenante. Mais, rassurez-vous, ce n’est jamais sans l’accompagnement d’un jus de fruit fermenté qui sans cesse me ramène à vous et à votre migraineux souvenir, à tel point que ma vue chaque fois se trouble. Voyez donc l’influence qui est encore la vôtre et la puissance de votre fragrance toulousaine. Non, vous ne transpirez pas le bonheur, mais bien plus ! Transport de désir en chatterie barbare où Léopold fréquente Donatien !

Je n’y tiens plus, très chère compagne de notre saligot-élément préféré, la distance qui nous sépare ne devrait jamais être supérieure à celle qu’exige un alcoolique au zinc dans l’attente de sa première bière. Pourtant il nous faut cheminer, que dis-je, tituber momentanément l’un sans l’autre comme deux êtres gauches au caractère ambidextre car deux verres en valent mieux qu’un. Mais nous nous verrons bientôt, et nous sombrerons à nouveau comme il se doit dans le temple des pires embauches, affres de voluptés partagées, une espèce de communisme sexuel où les hommes ne sont plus érectiles et où les femmes s’endorment sans doliprane.

Cela m’est fort gré de savoir que vous fréquentez mon ancien amant israélite dont le nom m’échappe ; le reste aussi il faut bien l’avouer. Je ne garde de lui que le cadre, comme si son visage n’avait été que le reflet d’une réalité phantasmée. Ceci dit si vous l’avez choisi il doit posséder des qualités que j’ignore et que vous me ferez j’espère prochainement partager. En tout cas votre soirée au Pangolin ne vous a visiblement pas remise de vous-même. Il faut dire que cette taverne, tenue je crois par le cousin germain de Ambroise Du Bas-Pays, n’a point le chaland digne de son rang ce que je ne goûtais déjà guère au temps où je fréquentais ce lieu. Tenez bon, vous trouverez partenaires à votre coude, ayez foie en vous.

Je vous laisse, enivrante Kontess’ dont le goût pour le plaisir saphique me rendrait presque femme. Oui je suis votre anchois demi-sec à une demi-queue de vous celui que vous moquez si bien mais dont vous vous languissez, maltraitée par vos amants de bistrot inefficaces. J’accours dans la distance un verre à la main et le gosier bien plein vous postant dès aujourd’hui cette missive car je me refuse à jeter une bouteille à la mer.

Eructément vôtre.

JRDP, Marquis d’Estrella, Grand-Délecteur de Damm.